Bâti Ancien - Publié le : 29/10/2025

Rénover une vieille maison : comment s'y prendre, par où commencer ?

Acheter et rénover une vieille maison, c’est à la fois excitant et terrifiant. On imagine déjà le résultat final, mais la réalité rattrape vite : problèmes d’humidité, planchers affaissés, murs pas droits, électricité d’un autre âge… Sans une vision claire de l’ordre des priorités, on risque de s’épuiser et de s’y perdre. Le pire, c'est quand on passe des heures et des heures à travailler une chose, avant de se rendre qu'on, qu'en fait, on doit tout refaire !

Pour vous aider, nous vous avons fait un petit guide.

Faire un état des lieux

Vous avez acheté la maison en faisant un examen superficiel, mais maintenant il faut approfondir et comprendre la maison : les murs porteurs, les planchers, la charpente, les réseaux. Cette phase d’analyse vous permettra de planifier les travaux dans le bon ordre et d’éviter les erreurs coûteuses.

C’est une étape cruciale, parce que vous ne voulez pas monter une cloison pour, ensuite, devoir la retirer afin de refaire le plancher !

Globalement, présumez qu’il faut tout casser : le bois s’use, se fait grignoter par des insectes ou des champignons ; les enduits s’effritent et ont souvent été mal posés ; rien n’est vraiment droit. En retirant le maximum d’éléments, vous repartez sur des bases saines et pouvez traiter efficacement les problèmes structurels ou d’humidité. Si votre maison a plus de 40 ans, vous allez BEAUCOUP démolir.

Nettoyer

La première étape, est d'enlever tout ce qui devra évidemment partir :

  • Les vieux lino, vieilles moquettes …
  • Meubles dégradés, vieilles baignoires …
  • Cloisons de séparation qu'on est sûr d'enlever.

Moins il y a de choses, plus on y voit clair !

Vérifier les niveaux et la planéité

Maintenant que vous êtes revenus à un plancher, vérifiez la planéité du sol et l'axe des murs.

Si vous avez un problème de planéité (et vous aurez un problème de planéité) pour les planchers, vous aurez deux solutions possibles :

  • Refaire complètement le plancher. C'est une solution très lourde, mais qui s'impose si vous avez un trop fort dénivelé ou si une infestation d'insectes a affaibli les poutres.
  • Rattraper la planéité avec un ragréage ou une chape sèche. Il est possible de rattraper même de forts dénivelés avec une chape sèche. Vous pouvez aussi utiliser une chape allégée, contenant des billes d'argiles par exemple. Une autre solution, plus rare mais très abordable est d'utiliser des lambourdes sur plots réglables.

Pour les murs, vous devrez réfléchir à deux options, si vous faites un doublage ou bien si vous utilisez de l'enduit.

Sonder la charpente

C'est une étape assez intimidante, qui peut se révéler simplement terrifiante : sonder la charpente. Armez vous d'un tournevis plat et voyez si le bout s'enfonce. Ne lésinez pas et n'ayez pas peur du dommage esthétique : explorer l'intégrité du bois est beaucoup plus important. 

Le bois est un matériau très solide, donc si le bout s'enfonce, c'est qu'il y a un problème. Vous pourrez aussi utiliser d'autres outils pour sonder et nettoyer vos poutres :

  • Mettre une brosse métallique au bout d'une perceuse et l'utiliser pour nettoyer et gratter la surface.
  • Une ponceuse orbitale.
  • Les plus courageux et soigneux peuvent aussi utiliser des outils de charpentier, comme le ciseau à bois, le racloir ou plane et la fameuse herminette.

Gardez à l'esprit qu'une poutre d'apparence saine peut être lourdement endommagé. L'apparence ne veut rien dire.

J'ai moi-même eu une belle surprise : j'ai brossé une poutre et réalisé que j'enlevais une grande quantité de matière. La brosse finissait même par pénétrer entièrement dans la poutre ! Je venais en fait de découvrir une infestation de coniophores des caves. Rien de dramatique, mais imaginez un peu que c'eut été une mérule …

Sonder les fissures

Il est tout à fait ordinaire qu'un vieil enduit se soit fissuré. 

Néanmoins si vous avez une fissure avec un tracé caractéristique (ex : en escalier) qui touche le mur derrière l'enduit, demandez le diagnostic de plusieurs maçons. En général, la solution est assez simple (creuser la fissure, mettre une tige métallique comme des points de suture, puis du ciment), donc pas d'inquiétude. Les choses se compliquent seulement si cela révèle un problème de fondations.

Le gros œuvre : retourner aux bases du bâti

Une fois la maison mise à nu, il faut sécuriser et remettre d’équerre le bâti : maçonnerie, fondations, charpente, murs porteurs, ouvertures. Vérifiez la stabilité, l’état des joints, l’assainissement, les éventuelles fissures. 

Changer ou ajouter des poutres

Vous pourriez devoir changer des poutres trop usées ou bien en ajouter d'autres (par exemple pour faire un plancher "à la française", avec le plancher directement sur les solives).

Pour cela, vous devrez choisir l'ancrage qui vous convient. Si vous enlevez des poutres, en général elles sont scellées dans le mur, il vous suffit donc de reprendre le trou (potentiellement en l'agrandissant un peu) en le mettant à niveau.

Néanmoins, si ces trous sont trop éloignées et/ou ne correspondent pas à votre calepinage, vous devrez :

  • Soit creuser d'autres trous, au risque de fragiliser la structure. C'est une solution assez lourde, qui pose d'autres difficultés (ex : c'est compliqué d'y faire rentrer les poutres).
  • Soit, et c'est la solution la plus commune, poser une muralière, puis des sabots de charpente, qui accueilleront vos solives. La muralière est une longue poutre fixée au mur avec un scellement chimique, une tige filetée et un écrou. La seule difficulté est que cela suppose que vos murs soient droits …

Les différents planchers

Vous avez différentes solutions pour faire des planchers :

  • Les dalles d'OSB et d'ESB, la solution la plus populaire, qui vous permet de mettre n'importe quel revêtement de sol ensuite.
  • Les plaques Fermacell si vous êtes sur une chape sèche.
  • Le parquet cloué. C'est une solution un peu risquée, puisque cela signifie que vous allez placer vos cloisons sur votre revêtement de sol. Néanmoins, un parquet en pin est une solution efficiente financièrement (~25€/m²) qui peut être parfaite pour un grenier aménagé.

N'oubliez pas les bandes résilientes !!

C'est un point qui était totalement ignoré il y a 40 ans, mais qui est crucial aujourd'hui : l'isolation phonique. 

Il y a un geste simple, mais qui compte beaucoup : mettre des bandes résilientes sur les solives. Vous en mettrez d'autres, notamment autour des cloisons et sous les planchers flottants, mais celles-ci sont vraiment importantes à ne pas oublier, parce qu'elles arrivent à un stade de la construction où on ne pense pas toujours à ces problématiques.

Les réseaux

À ce stade, vous devez préparer vos réseaux :

  • L'électricité : préparer les gaines électriques et avoir un plan de vos prises. Lorsque vous poserez vos cloisons, vous devez déjà savoir le nombre de prises que vous allez poser et à quoi elles vont servir.
  • Les évacuations et les arrivées d'eau doivent être posées.
  • Il faut préparer les tuyaux de la VMC.

Les choix que vous ferez à ce moment-là vont vous guider pour les cloisons et les plafonds.

Cloisons, plafonds et ossatures

Une fois la structure stabilisée, vient le temps de s'attaquer aux murs et redéfinir les volumes intérieurs.

Vous allez devoir choisir si vous mettez des doublages ou si vous rajoutez de l'enduit pour récupérer les murs. Vous pourriez avoir à enlever l'enduit précédent, surtout si vous mettez une nouvelle couche. Une autre option, parfois disponible, est de laisser les pierres apparentes.

Vous allez aussi vouloir faire, si besoin, les faux-plafonds.

Préalable : ciment et gestion de l'humidité

Dans les années 60-70, c'était la folie du ciment en construction : on en mettait partout. Et pour cause, c'est un liant phénoménal, avec une résistance et une accroche incroyables. Néanmoins, c'est désastreux sur un mur pierre-terre, car ce dernier a des variations hygrométriques que n'a pas le ciment. Les micromouvements vont d'abord broyer tout ce qui est accroché par le ciment (même la pierre !), puis se décrocher.

Plus largement, cela bloque la vapeur et l'eau, cela peut donc être problématique pour la gestion de l'humidité. Surtout, si vous avez des remontées capillaires, l'eau va restée coincée dans le mur et remonter petit à petit. C'est le fameux problème du salpêtre, qui se mettra petit à petit à apparaître à la surface.

Si vous avez un enduit ciment sur de la pierre, vous devez l'enlever. C'est très solide, l'astuce est de le retirer par plaque en allant chercher derrière l'enduit. Bon courage !

Laisser les pierres apparentes

Si votre mur est en pierre et que vous ne l'isolez pas par l'intérieur, vous pouvez laisser les pierres apparentes. Néanmoins, cela ne veut pas dire que cela fera peu de travail.

Vous devrez bien gratter les joints et ne tolérer aucune zone friable. C'est un travail TRES long qui se fait en plusieurs étapes. Nettoyez régulièrement en pulvérisant de l'eau, cela va enlever des débris mais aussi révéler certaines fragilités. Vous pourrez être amenés à remaçonner certaines parties du mur. Faites le progressivement, pour ne pas mettre ne danger la structure et limiter l'ampleur de ce travail.

Ensuite, à l'aide d'une poche à douille et d'une langue de chat, vous comblez les joints après avoir bien humidifié le support. Nous recommandons l'enduit à la chaux KB13 :

  • Enduit prêt à gâcher, pas besoin de bétonnière.
  • Très respirant (équivalent à un enduit à la chaux pure)
  • Beau rendu final (blanc)
  • Bonne résistance

Pour la finition, utiliser une brosse métallique à main ou montée sur une perceuse. Il peut être laissé apparent.

Rattraper la planéité avec un nouvel enduit

Pour rattraper la planéité d'un mur, vous allez devoir :

  • Enlever tout ce qui ne part avec un coup de tournevis ou qui semble fragile. En pratique, vous irez souvent jusqu'à la maçonnerie.
  • Brosser (par exemple avec une brosse métallique sur une perceuse) pour enlever les derniers débris.
  • Humidifiez le support et appliquez une première couche d'enduit très liquide, dit "gobetis", dont l'objectif est de favoriser l'accroche à l'existant

Si des câbles électriques sont prévus, laissez des tranchées aux passages anticipés.

Poser un doublage ou une cloison

Pour poser vos doublages, cloisons et faux plafonds, vous allez devoir choisir entre ossature bois et ossature métallique.

Pour redessiner vos volumes et améliorer l’isolation, vous devrez choisir entre une ossature bois ou une ossature métallique. Ces deux solutions permettent de fixer un parement (plaque, panneau, enduit), d’intégrer un isolant et de passer vos gaines électriques, mais elles n’ont pas les mêmes avantages.

Principes généraux des ossatures

Une ossature se compose toujours d’un cadre structurel — des montants verticaux et des traverses horizontales (on parle des "rails" pour le métal et de lisses pour le bois) — qui forment un support rigide pour les plaques (Fermacell, OSB, placo, etc.). On fixe ensuite un parement d’un ou deux côtés selon l’usage (cloison ou doublage). Entre ces montants, on peut intégrer un isolant phonique ou thermique.

Vous devez anticiper à ce stade le passage des réseaux, surtout des gaines électriques.

Il faut aussi placer des bandes résilientes sous les rails ou lisses pour limiter la transmission des bruits d’impact.

Les ossatures bois

L’ossature bois est idéale dans les bâtiments anciens : elle s’adapte aux irrégularités, se fixe facilement sur des supports non droits et permet d’utiliser des matériaux perspirants (panneaux de fibre de bois, enduits à la chaux, etc.). Elle offre également une bonne performance acoustique et thermique.

Les montants sont généralement en bois sec de section 45x90 mm, fixés au sol et au plafond par des lisses, puis contreventés par un panneau rigide (OSB ou contreplaqué).

Cette solution est plus écologique, plus souple, mais demande un peu plus de précision dans les découpes et la fixation. Le vissage direct dans le bois rend aussi les reprises et ajustements plus simples.

La difficulté est que le bois étant un matériau organique, les DTU et avis techniques ne recommandent pas de l'utiliser avec du plâtre classique, il faut du Fermacell.

On les utilise très rarement pour les faux-plafonds en raison de leur poids.

Les ossatures métalliques

Il y a deux types d'ossatures métalliques.

  • D'une part les systèmes en rails montants, similaires à l'ossature bois : on fixe une lisse basse, une lisse haute, on glisse les montants et on fixe.
  • D'autre part les systèmes fourrures-suspentes : on fixe un rail au milieu du mur qui va accueillir des suspentes au bout desquelles on place des fourrures verticales qu'on fixe dans une lisse haute et une lisse basse. Le grand atout de ces systèmes est que vous avez des appuis intermédiaires permettant de fixe le frein-vapeur quelques centimètres avant le parement, ce qui évite de le déchirer quand on passe le réseau électrique.

L'avantage des ossatures métalliques est qu'elles sont prévues pour aller avec les plaques de plâtre, les cloisons les moins chères. Elles sont aussi plus rapides à installer.

Les contreventements

Vous avez trois types de contreventement :

  • Les plaques de plâtre ;
  • Les panneaux de morceaux de bois, notamment l'OSB ou l'ESB ;
  • Les hybrides, comprenant un mélange de matière organique et de plâtre : le Fermacell (ouate de cellulose) et le Gypsolignum (fibre de bois).

Il est aussi possible de poser directement un parement : le lambris en bois.

Classiquement on met du lambris, du bois ou des hybrides sur une ossature bois et des plaques de plâtre (la solution la plus populaire) sur une ossature métallique.

Les faux-plafonds et rampants

Pour poser des faux plafonds, le principe est le même que ce que nous venons de voir pour les cloisons.

Isolation et étanchéité

Une rénovation réussie passe inévitablement par une bonne isolation et une étanchéité maîtrisée. Ce sont elles qui garantissent le confort thermique, la réduction des factures d'énergie et la durabilité du bâti. Pourtant, dans les vieilles maisons, ces deux aspects doivent être abordés avec prudence : il ne s’agit pas de tout bloquer, mais de trouver le bon équilibre entre protection contre les courants d’air et respiration du bâtiment.

Avoir une étanchéité au point

L’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau est un sujet souvent mal compris. Dans une maison ancienne, on ne cherche pas à rendre le bâtiment hermétique, mais à canaliser les flux d’air pour éviter les infiltrations parasites. Ces fuites créent des déperditions énergétiques importantes.

La solution consiste à mettre en place une étanchéité maîtrisée, avec notamment une membrane d'étanchéité continue côté intérieur et des joints périphériques autour des menuiseries.

Frein vapeur ou pare vapeur ?

On distingue les membranes d'étanchéité selon qu'elles bloquent partiellement (sd = 2-18) ou quasi-totalement (sd >18) la vapeur d'eau : ce sont respectivement les frein-vapeur et les pare-vapeur. 

Leur choix varie selon que la paroi soit respirante ou pas. Par exemple, si vous faites une isolation par l'extérieur en polyuréthane, qui est étanche, la moindre vapeur serait coincée derrière l'isolant.

L'importance des membranes hygrovariables

L'objectif de la membrane d'étanchéité à l'air et à la vapeur est d'une part d'éviter les fuites d'air, mais aussi de limiter la quantité de vapeur qui traverse la paroi. En effet, l'air chaud peut contenir plus d'humidité que l'air froid. Donc quand votre air chaud intérieur traverse l'isolant et se refroidit, il va dégorger de l'eau s'il contient trop de vapeur. C'est le point de rosée.

La membrane d'étanchéité prévient ce phénomène.

Néanmoins en été, la problématique est inverse : l'air extérieur est plus chaud et humide que l'air intérieur. Le risque est que de l'eau se mette à perler à l'extérieur de la membrane. C'est pour cela que vous avez besoin de freins-vapeur hygrovariables, qui s'adaptent pour laisser passer la vapeur en été.

Les ventilations mécanisées

Une maison ancienne rénovée doit respirer. L’isolation et l’étanchéité modifient profondément les échanges d’air : sans ventilation adaptée, l’humidité s’accumule, la qualité de l’air se dégrade et les matériaux s’abîment. Installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) est donc indispensable. Elle renouvelle l’air intérieur tout en évacuant l’humidité et les polluants domestiques.

On distingue trois grands types de ventilations mécanisées :

  • la ventilation simple flux ;
  • la ventilation par insufflation ;
  • la ventilation double flux.

Ventilation simple flux

C’est la solution la plus courante et la plus simple. Un groupe d’extraction aspire l’air vicié dans les pièces humides (cuisine, salle de bains, WC) et le rejette à l’extérieur. L’air neuf entre naturellement par des entrées d’air situées dans les menuiseries des pièces de vie.

Certaines sont hygrovariables, c'est-à-dire qu'elles adaptent leur débit à la quantité d'humidité dans l'air. Beaucoup utilisent un tissu en entrée de bouche d'air. Les VMC Healthbox de Renson sont plus sophistiquées, avec un système de mesure numérique.

Ventilation par insufflation

Moins connue, cette solution inverse le principe : un ventilateur insuffle de l’air filtré et éventuellement préchauffé dans la maison, créant une légère surpression qui pousse l’air vicié vers l’extérieur par des fuites prévues pour (en principe au niveau des fenêtres). 

Cela permet d'amener un air filtré beaucoup plus sain à l'intérieur. On évite ainsi d'amener les pollens et les particules fines à l'intérieur.

Ventilation double flux

La VMC double flux est la solution la plus performante. Elle extrait l’air vicié tout en récupérant la chaleur pour préchauffer l’air entrant via un échangeur thermique. Le confort est nettement supérieur, avec une température d’air constant et une réduction importante des pertes énergétiques.

Ses points forts : économies d’énergie (jusqu’à 90 % de la chaleur récupérée), meilleure qualité de l’air et réduction du bruit extérieur (puisqu’il n’y a plus d’entrées d’air dans les menuiseries). Ses contraintes : un coût plus élevé, une installation plus technique, et la nécessité d’un entretien régulier des filtres et du réseau.

Vous avez un système classique, avec une centrale pour toute l'habitation, mais aussi des VMC décentralisées, qui combinent les deux fonctions, idéales pour un appartement ou, par étage, pour éviter d'avoir à gérer les tuyaux.

Les différents isolants

Avant de choisir un isolant, il faut comprendre les grandes familles disponibles et leurs formes de mise en œuvre. Chaque type a ses avantages, ses limites et ses usages privilégiés selon le support (murs, combles, planchers, toiture).

En panneaux, en rouleaux ou en vrac ?

Les isolants se présentent sous trois formes principales :

  • Les panneaux rigides ou semi-rigides : adaptés aux murs, planchers ou toitures. Ils offrent une bonne tenue mécanique et facilitent la pose d’un parement (Fermacell, lambris…).
  • Les rouleaux : pratiques pour les plafonds et rampants. Leur souplesse permet d’épouser les irrégularités. 
  • Les isolants en vrac : insufflés ou soufflés dans des caissons fermés, parfaits pour les combles perdus ou les planchers. Exemples : ouate de cellulose, granulés de liège, fibre de bois en vrac.

Isolants biosourcés ou traditionnels ?

Alors que la construction ne jurait que par les isolants traditionnels (laine de verre, polyuréthane, polystyrène …) il y a quelques années, les isolants biosourcés (laine de bois, ouate de cellulose, etc.) sont de plus en plus populaires. Et pour de très bonnes raisons.

En effet, outre l'aspect écologiques, ce sont des isolants qui ont une utilité pratique importante, surtout pour la rénovation :

  • Ils sont régulateurs du taux d'humidité d'une part en laissant passer la vapeur et d'autre part en pouvant en absorber une bonne quantité sans dégât (contrairement à la laine de verre).
  • Ils ont un bon voire un excellent déphasage thermique. Maintenant que les canicules se multiplient, c'est une propriété de plus en plus importante. Pour plus de détails, nous avons fait un article sur le déphasage thermique.

Le classement au feu est aussi parfois mentionné, mais quand on voit les tests, on voit qu'en fait les isolant biosourcés, dès qu'ils sont traités (soit la plupart d'entre eux) résistent mieux aux incendies que ceux qui sont soi-disant "ininflammables".

S'agissant du prix, j'ai fait un comparatif du prix des isolants par usage et on voit que les isolants biosourcés sortent souvent gagnants. 

Il faut faire au cas par cas, mais comprenez que les isolants biosourcés sont vraiment compétitifs.

    Les matériaux d'isolation

    Côté isolants traditionnels il y a :

    • La laine de verre, souvent l'isolant le moins cher, le moins dense et le moins durable. En effet, elle est sensible à l'humidité, qui la fait se tasser définitivement.
    • La laine de roche, populaire pour sa résistance absolue à l'humidité. 
    • Le polyuréthane, qui fait des panneaux solides très utilisés en ITE, pour le sarking et l'isolation de plancher. C'est l'isolant avec la meilleure conductivité thermique. Modérément dense. Aux États-Unis, il est beaucoup utilisé en spray en raison de la rapidité de pose. Vu qu'il est étanche, il ne nécessite pas de membrane d'étanchéité.
    • Le polystyrène, dont les panneaux ont un usage similaires au polyuréthane, mais moins cher et moins dense. On utilise aussi ses billes pour faire des chapes allégées.

    Côté isolants biosourcés il y a notamment :

    • La fibre de bois en panneaux semi-rigides (= laine de bois) et en panneaux rigides (= fibre de bois), les isolants les plus denses de leurs catégories respectives. Ils ont le meilleur déphasage thermique et de loin.
    • La ouate de cellulose, populaire pour son format vrac très bon marché et ses excellentes performances phoniques.
    • Le coton recyclé, issu de la filière textile (surtout les jeans).
    • Le chanvre, très populaire pour sa capacité à réguler l'hygrométrie et, surtout, en enduit chaux-chanvre.
    • Le liège, populaire pour sa capacité d'absorption des chocs, notamment en sous-couche acoustique.

    Vous avez aussi des isolants minéraux, mais leur usage est plus spécifique (fondations et chapes allégées isolantes notamment).

    Comment choisir son isolant

    Chaque application à ses isolants de prédilection. Par exemple, pour l'isolation par l'intérieur de murs et de rampants, vous choisirez entre les panneaux semi-rigides, rouleaux et du vrac en insufflation. Pour l'isolation en combles perdus, vous allez systématiquement utiliser du vrac en soufflage. Au contraire, pour le sarking et l'isolation des murs par l'extérieur, vous aurez besoin de panneaux rigides.

    Vous devez savoir vos contraintes en termes d'épaisseur, si vous voulez une paroi respirante ou pas (dans l'ancien, c'est préférable), s'il y a des risques d'humidité ou non, l'importance du déphasage thermique … C'est un sujet très complexe.

    Le meilleur point de départ est notre comparatif des prix auquel j'ai fait référence plus haut et notre article sur le meilleur isolant thermique.

    Vous pouvez aussi nous poser vos questions au 04 73 26 42 27 ou à contact@kenzai.fr.

    Les revêtements de sols et de murs

    Maintenant que vous avez la structure de votre maison bien en place, vous pouvez vous intéresser à votre décoration : les revêtements de sol et de mur.

    Les revêtements de sol

    Les revêtements de sol se divisent selon leur nature (parquet, lino …) et selon leur méthode de pose.

    Les différentes poses

    Vous avez trois manières pour poser un revêtement de sol :

    • La plus facile, la pose flottante : vous posez le revêtement sur le sol et son poids suffit à le maintenir. On met en dessous un pare-vapeur et une sous-couche acoustique.
    • La pose collée, très courante pour tous les types de revêtements. 
    • La pose clouée (uniquement pour les parquets massifs)

    Les différents types de revêtements de sol

    D'abord, vous avez tous les parquets et ce qui s'y assimile :

    • Les parquets massifs, taillés d'un bloc de bois.
    • Les parquets contrecollés, dotés d'une couche de bois massif, puis une couche de fibres de bois (HDF) et un contreventement en résineux massif (ex : épicéa). 
    • Les sols en bois densifiés, qui sont comme les parquets contrecollés, mais avec une couche très fine de bois massif.
    • Les sols stratifiés, qui ont aussi une couche de HDF et un contreventement en résineux, mais il n'y a plus du tout de bois massif en parement, c'est juste un imprimé et un plastique en protection.

    Les parquets massifs se posent cloués ou collés. Ce n'est que récemment qu'on a vu apparaitre des parquets massifs flottants. Tous les autres se posent surtout en pose flottante. Il est possible de les coller, mais c'est rarement fait, la pose flottante étant beaucoup plus pratique.

    Le bois est sensible à l'eau, mais certains modèles, notamment de stratifié, sont conçus pour aller dans les salles de bain.

    Le marmoleum est un revêtement d'origine naturelle mélange à base d'huile végétal qui se pose comme une moquette, mais la résistance du carrelage sans le côté froid. Sur-utilisé dans les années 70, il revient à la mode.

    Il est également possible de poser un béton ciré : une fine couche d'enduit ciment bien ferrée et cirée.

    Évidemment, il y a aussi le carrelage, qui ne se pose que collé. L'avantage est sa résistance absolue à l'humidité.

    Attention, deux derniers revêtement bloquent l'humidité.

    Les finitions

    Une fois que votre sol est posé, vous devez en général poser des plinthes pour cacher les bords (en général il faut un joint de dilatation pour laisser les matériaux "bouger" avec les variations d'humidité et de chaleur).

    Si vous avez un parquet en bois brut, vous devez le protéger avec un vitrificateur ou une huile dure.

    Les revêtements muraux

    Les revêtements muraux participent autant à l’esthétique qu’au confort intérieur. Dans l’ancien, il faut surtout veiller à utiliser des matériaux compatibles avec les murs d’origine, notamment s’ils sont en pierre ou en terre. Vous avez trois grandes options : les enduits décoratifs, les peintures et le lambris.

    Les enduits décoratifs

    Les enduits décoratifs permettent d’obtenir une surface respirante, texturée et durable. Ils s’appliquent directement sur le mur ou sur un support préparé (gobetis, sous-couche minérale). Dans la rénovation du bâti ancien, les plus adaptés sont :

    • Les enduits à la chaux : très respirants, régulateurs d’humidité, antibactériens et esthétiques. Ils offrent un aspect mat ou nuancé et peuvent être teintés dans la masse.
    • Les enduits à l’argile : 100 % naturels et perspirants, ils apportent une atmosphère douce et régulent l’hygrométrie intérieure. Leurs teintes sont très douces.
    • Les enduits béton ciré, que j'ai évoqué plus haut : une fine couche d'enduit ciment (=fermée à la vapeur) bien ferrée et cirée. 

    Les enduits chaux-chanvre sont des enduits isolants utilisés pour le corps d'enduit. En général on utilise une finition à la chaux par dessus, mais on peut aussi laisser la chènevotte apparente (on utilise alors de la chènevotte fine).

    Les peintures

    Les peintures supposent un support parfaitement plan

    Toutefois, dans une maison ancienne, évitez les peintures étanches (acryliques ou glycérophtaliques) qui bloquent la vapeur d’eau. Préférez des peintures naturelles et microporeuses :

    • Peinture à la chaux : mate, respirante, antibactérienne, adaptée aux murs minéraux. Elle offre une belle profondeur de teinte et une finition vivante.
    • Peinture à l’argile : veloutée, légèrement granuleuse, idéale pour un rendu naturel et chaleureux.
    • Peinture végétale à base d’huiles naturelles ou de résines végétales.

    Pensez à toujours dépoussiérer et humidifier légèrement le mur avant l’application, surtout pour les peintures minérales.

    Les lambris

    Le lambris a une qualité pratique indéniable : il est pratique. Pas besoin de plaque de plâtre, de sous-couche, etc. Vous posez directement votre lambris sur votre ossature. C'est un gain de temps considérable. La pose elle-même n'est pas très compliquée : vous clouez la première lame en bas à travers la lame (une plinthe en principe viendra recouvrir la tête), languette vers le bas si vous utilisez des clips et vers le haut si vous fixez directement avec des clous ou des vis. Ensuite vous emboitez, vous fixez, etc.

    Notez qu'il ne se pose que sur une ossature bois.

    Nous recommandons évidemment le lambris en bois. Le résultat est très chaleureux et authentique. Néanmoins il faut lui appliquer une huile, une lasure de finition ou une peinture (ex: la peinture de campagne Osmo). 

    Il y a aussi des lambris en PVC, mais le rendu est souvent peu élégant, avec un rendu plastique.

    Le reste de la déco

    Il y a les meubles, les objets, les prises et interrupteurs (hé oui, j'ai été étonné aussi) … Mais cet article, déjà bien fourni, ne va pas jusque là. À vous de jouer !

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