Sols & murs écologiques - Publié le : 28/08/2019

Guide sur les cloisons en Fermacell sur ossature bois

La meilleure manière de diminuer l'impact carbone de sa maison, c'est de choisir l'ossature bois. On passe de matériaux lourds et polluants (parpaings, métal, brique …) à un matériau léger et qui stocke le carbone.

Néanmoins, ce n'est pas toujours simple, notamment pour les cloisons intérieures. En effet, les plaques de plâtre ne sont pas "vivantes", contrairement au bois. Ce dernier va bouger légèrement au fil de l'évolution du taux d'humidité de l'air.

La solution, qui vous permet d'utiliser des cloisons en ossature bois, tout en étant écologique, est le Fermacell : un matériau combinant du gypse (la matière première du plâtre, qui demande donc moins d'énergie à produire) et de la ouate de cellulose, ce qui le rend compatible avec le bois.

Fermacell comparé aux plaques de plâtre standard pour l'ossature bois

Le Fermacell a de nombreux avantages comparé aux plaques standard :

  • Elles sont plus denses (1150kg/m3, contre ~700kg/m3), ce qui implique de meilleures propriétés d'isolation phonique et de résistance mécanique. En effet, vous pouvez visser dedans sans cheville, et ça tient jusqu'à 30kg/m3 ! C'est déjà suffisant pour accrocher la plupart des étagères.
  • Elles sont plus résistantes au feu

À cela s'ajoute que les avis techniques et prescriptions de pose des plaques de plâtre ne couvrent pas l'ossature bois, et pour cause : étant stables, il va y avoir du jeu entre le montant d'ossature, "vivant", et le plâtre. Au contraire, il y a de la ouate de cellulose dans le Fermacell, ce qui lui permet de s'adapter aux variations du bois : ils vont bouger ensemble.

Son seul inconvénient est son prix, environ deux fois plus élevé. Néanmoins, c'est à relativiser. Par exemple, une plaque de Fermacell isole aussi bien que 2 plaques standard. On pourrait aussi mentionner le fait qu'il faut bien respecter les instructions de pose (ex : coller les chants entre eux pour les plaques en bord droit), mais cela vaut pour toute plaque.

Comment poser le Fermacell sur une ossature bois

Même si le Fermacell est parfaitement adapté aux cloisons en ossature bois, sa pose ne s’improvise pas. Ce matériau est plus dense que du placo standard, et ses performances – notamment acoustiques – dépendent d’un montage rigoureux. Pour garantir une cloison durable, stable et performante, il est donc essentiel de respecter certaines règles précises, en particulier au niveau de l’ossature, de la fixation et des joints.

La création de l'ossature

On commence par la mise en place de l’ossature bois. Celle-ci doit être stable, plane et adaptée aux charges. On utilise des montants de section 45 × 45 mm au minimum, posés verticalement avec un entraxe de 60 cm maximum pour les plaques de 12,5 mm. C'est la largeur la plus commune, qui correspond à la largeur des panneaux d'isolant souple.

Chaque montant doit être bien d’aplomb, solidement fixé au sol et au plafond, via une lisse basse et une lisse haute. Une bande résiliente peut être ajoutée entre les bois et les supports pour limiter les transmissions acoustiques. Si la cloison doit accueillir des équipements lourds (lavabo, meubles suspendus, etc.), prévoyez des renforts dans l’ossature avant de fermer le mur.

La découpe des plaques

Les plaques pour cloison et plafonds peuvent se découper à l'aide du cutter Fermacell le long d'une règle de maçon (pour les plaques de sol, qui sont doubles, il faut une scie circulaire).

Vous pouvez aussi utiliser une scie pour les découpes plus irrégulières.

Les joints des plaques Fermacell

Il y a deux types de joints très différents : un pour les bords amincis et un pour les bords droits.

Bords droits

Les plaques à bords droits doivent être collées entre elles à l’aide de la colle spéciale Fermacell. Cette colle s’applique en cordon continu sur toute la hauteur du chant, juste avant la pose de la plaque suivante. Les deux plaques doivent être serrées ensemble de manière franche (l’utilisation d’un lève-plaque ou d’une cale est recommandée) pour que la colle ressorte légèrement.

Une fois la colle durcie (environ 24 h), elle forme un joint monolithique qui remplace le traitement par bande papier. Ce système garantit une bonne tenue mécanique et limite les fissurations dues aux mouvements du bois.

Bords amincis

Les plaques à bords amincis se traitent comme du placo : il faut remplir le creux entre les plaques avec un enduit de rebouchage, puis noyer une bande à joint (de préférence armée) dans l’enduit frais. Après séchage, un second passage à l’enduit est réalisé pour lisser.

Lissage et ponçage

Une fois les joints réalisés (collés ou enduits selon le type de bord), il est impératif de procéder à un lissage soigné de la surface pour garantir une finition impeccable.

Pour les joints collés (bords droits), un simple grattage léger du surplus de colle peut suffire si le serrage a été bien exécuté. Un ponçage de surface avec un abrasif grain 120 ou 150 permet ensuite d’uniformiser l’ensemble avant peinture ou enduit décoratif.

Pour les joints enduits (bords amincis), le lissage se fait en deux passes :

  • Une première couche d’enduit pour noyer la bande, bien tirée à la spatule large.
  • Une seconde couche d’enduit de finition, élargie sur 20 à 30 cm pour fondre le joint dans la plaque.

Après séchage complet, poncez à la cale ou à la girafe (grain 150 à 180) pour éliminer les surépaisseurs et préparer le support à la finition. Le support doit être mat, homogène, sans surépaisseur ni creux visible au toucher.

Vidéo intéressante

Pour finir, voici une vidéo de Samuel Mamias, qui présente plusieurs poses de murs en Fermacell, notamment sur ossature métalliques et bois.

Il nous explique notamment que la fixation sur des montants en bois fait moins bouger les plaques que sur des montants métalliques. Cela permet de conserver la colle bien sur le chant.

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