Nos partenaires

Le projet HYPHES :  quand la Vanlife se conjugue à la construction écologique !

Tout est parti d’une rencontre, de notre rencontre avec Marine Desoutter, architecte de formation, et ‘exploratrice de l’habitat écologique’ qui est à l’origine du projet HYPHES. Elle a décidé de parcourir la France en fourgon aménagé pour l’occasion.

Marine est au début de son voyage dans l’hexagone et part découvrir différentes techniques sur les chantiers participatifs de France et de Navarre. C’est le début de l’histoire…

Portrait Marine Desoutter

Qu’est-ce qui vous a amené aux matériaux écologiques ?

« J’ai étudié l’architecture en Belgique et en Italie. Chez le premier, la technique est très étudiée tandis que chez le second, la restauration des bâtiments et la sociologie urbaine* sont au cœur de la formation.»

*Discipline visant à étudier le comportement humain et développer des approches ludiques de manière à inciter à un comportement plus responsable

« Lors de mes études d’architecture, j’ai remarqué l’absence totale des matériaux écologiques, de l’impact des matériaux sur l’environnement et de tout ce que cela peut impliquer ; nous n’avions pas vraiment de conscience écologique.

C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à me renseigner, j’étais animée par la recherche d’arriver à minimiser l’empreinte environnementale de la construction, comment baisser l’impact carbone, l’impact sur l’énergie ? Comment construire autrement finalement. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet HYPHES ?

« L’idée du projet HYPHES était de partir sur les routes à la découverte de différents chantiers participatifs, de manière bénévole. D’apprendre en faisant, je me rends sur le chantier, c’est concret.

Savez-vous que les arbres et les plantes se parlent, s'entraident et s'adaptent grâce au réseau mycorhizien ? Les hyphes sont ces filaments qui le constituent. A leur image mon initiative se veut être le réseau invisible qui va se tisser entre les projets d'habitats écologiques et les autres acteurs de la construction. Dans l'objectif que chacun apprenne les uns des autres pour penser l'habitat positif collectivement.

C’est pourquoi, pendant un an, je vais sillonner les routes de France de manière à apprendre le plus de principes constructifs possibles et m’imprégner de la règlementation française.

L’idée d’un habitat mobile a germé dans mon esprit pour être plus à l’aise sur cette aventure, j’ai donc acheté un fourgon (Peugeot Boxer L3H2) que j’ai réaménagé. »

Focus sur le van de Marine Desoutter

Votre fourgon en matériaux écologiques…

« Dans la transformation de mon fourgon en lieu de vie nomade, je me suis intéressée de très près à l’isolation, notamment l’isolation naturelle et les matériaux écologiques. C’est pourquoi j’ai utilisé du liège projeté en première couche isolante suivie de panneaux souples composés d’un complexe de chanvre, lin et coton.

ISOLATION NATURELLE DANS FOURGON MARINE DESOUTTER

Aménagement intérieur durable vanlife

Les murs ont, par la suite, été recouverts de plaques de contrecollé en peuplier car c’est une essence de bois légère. Quant au sol, j’ai également utilisé du liège expansé, suivi de panneaux OSB  d’un parquet bois.

Par la suite, j’ai créé des ouvertures dans le plafond avec des lanterneaux de manière à profiter de la lumière naturelle.

J’envisage mon fourgon comme un premier lieu d’expérimentation écologique, par conséquent il était judicieux d’engager la dimension énergétique et l’autoconsommation dans la réflexion. Cela s’est traduit par la mise en place de panneaux solaires sur le toit du fourgon et l’utilisation future d’une douche solaire. Je me suis dédiée à la transformation du van durant 1.5 mois, jour et nuit. »

En quoi les chantiers participatifs sont intéressants ?

« Ce que j’apprécie avant tout sur ce type de projet, ce sont les rencontres humaines, elles sont authentiques et puis on sait tout ce qu’il se passe dans le positif comme dans le moins bon, il n’y a pas de filtre enjoliveur.

C’est très concret est aussi très stimulant, on est dans la réalisation d’une construction à moindre impact carbone.

Pour moi les chantiers participatifs sont porteurs de sens et contribuent à montrer que les alternatives à la construction conventionnelle existent et se développent sur tout le territoire. Des structures bas carbone et durables où les notions d’humanité, de solidarité et de partage reprennent tout leur sens.

La variété des approches est source d’apprentissage et je vais à la rencontre de personnes qui ne sont ni des architectes ni des professionnels. Je souhaite partager les expériences des eco-constructeurs que je rencontre pour que l’information soit accessible à tout le monde, de manière à présenter la variétés des possibilités.

C’est l’idée sous-jacente de la démarche de vulgarisation via les réseaux sociaux, instagram, et des conférences dans les communautés de communes, les écoles d’architectures, auprès des particuliers et des professionnels.

Je planifie mes déplacements sur chantiers mais je me réserve assez de marge de manœuvre pour laisser la possibilité à l’inattendu. Je reste en moyenne une semaine sur chantier, l’idée étant de comprendre la méthode constructive et de densifier, au et à mesure des chantiers, l’étendue des possibles. »

Votre mot de la fin ?

« Ce serait cette phrase de Noam Chomsky et citée par Camille Étienne dans le podcast les baladeurs me guide « De grands privilèges impliquent de grandes responsabilités. » 

 Marine Desoutter assise à l'entrée de son van

Partager un moment d’inspiration avec des personnes talentueuses qui ont à cœur de faire mieux, animées par cette volonté de ‘faire mieux et autrement’ est source d’inspiration pour Kenzaï. Utiliser les matériaux écologiques pour un avenir plus sain et un habitat plus durable qu’il soit mobile, comme c’est ici le cas avec ce fourgon rénové ou en habitation classique.

Bonne route Marine !

 @projet.hyphes  

@Marine Desoutter