Ossature Bois - Publié le : 26/08/2025

Douglas, sapin ou chêne : que choisir pour son ossature bois ?

Le choix de l’essence de bois est une étape déterminante dans un projet de construction en ossature bois. Il ne s’agit pas uniquement d’une question de coût ou de disponibilité : chaque essence possède des caractéristiques propres en termes de résistance mécanique, de durabilité face à l’humidité et aux insectes, mais aussi d’esthétique lorsque les éléments restent apparents.

Comprendre ces distinctions permet de sélectionner un bois adapté à l’usage prévu, qu’il s’agisse d’une ossature intérieure protégée, d’une charpente exposée ou de pièces structurelles en contact direct avec l’humidité.

Critères de sélection pour choisir une essence de bois d'ossature

Résistance à l'humidité et aux insectes

Le bois utilisé pour une ossature est potentiellement exposé à l’humidité (remontées capillaires, condensation, infiltration) et aux attaques biologiques (insectes xylophages, champignons lignivores). Sa durabilité naturelle ou conférée est donc essentielle. On distingue plusieurs classes d’emploi (selon la norme NF EN 335) :

  • Classe 2 : bois utilisable en milieu sec, mais pouvant subir des humidifications temporaires (ossature intérieure).
  • Classe 3.1 / 3.2 : bois en extérieur sous abri ou exposé aux intempéries sans contact avec le sol (ossature extérieure protégée).
  • Classe 4 : bois en contact avec le sol ou exposé à l’eau stagnante (poteaux, solivages extérieurs).

Certains bois possèdent une bonne durabilité naturelle (douglas, mélèze, châtaignier, chêne), tandis que d'autres nécessitent un traitement (pin sylvestre, épicéa). Le traitement autoclave classe IV est courant pour les pièces structurelles en contact avec des zones humides ou exposées.

Résistance mécanique

La résistance mécanique est normée selon la norme NF EN 338.

Elle est désignée par une classe de résistance, qui varie en fonction de l’essence et du type de bois :

  • Bois massif résineux : classes C (C18, C24, C30). Le C24 est le plus couramment utilisé pour les structures porteuses standards (murs, planchers, charpentes).
  • Bois massif feuillu : classes D (D18, D24, D30). Utilisé pour des structures spéciales ou pour des applications architecturales (ex : chêne en poutres apparentes).
  • Lamellé-collé : classes GL ou G (GL24h, GL28c, etc.). Permet de longues portées avec une excellente stabilité dimensionnelle.

Esthétique

Même si le bois d'ossature est souvent dissimulé derrière des parements ou des isolants, certaines parties peuvent rester apparentes : chevrons sous toiture, poutres intérieures, colombages, etc. Dans ces cas, l’apparence visuelle devient un critère important.

On ne veut pas voir dépasser un pin traité tout jaune, alors que la teinte doucement rosée du douglas est superbe.

Les principales essences de bois de construction en France

En France, l'ossature bois est dominée par quelques essences de bois : le chêne, le pin ou le sapin et le douglas. Le mélèze est aussi utilisé, mais surtout pour les bois décoratifs comme le bardage ou la terrasse.

Il y a d'autre essences, comme le hêtre, le frêne ou le cèdre, mais elles sont peu utilisées en ossature.

Le chêne : le vieux roi de la forêt

Le chêne est incontestablement le roi des bois européens : d'une solidité phénoménale, il est naturellement résistant à l'humidité et les insectes auront beaucoup du mal à pénétrer le duramen. En plus, il est magnifique, avec une esthétique sobre et élégante qui évoque les châteaux et lieux prestigieux. Bref, un bois phénoménal.

Mais alors, pourquoi ne l'utilise-t-on pas systématiquement ?

La réponse est simple : le prix. Le chêne met longtemps à pousser et il est victime de son succès, donc il est cher. Il est aujourd'hui relativement peu utilisé en construction.

Le sapin traité : la solution bon marché

Le pin et le sapin sont des résineux qui poussent vite, avec une faible densité et sont naturellement sensibles à l'humidité et aux insectes. Pour être utilisés comme bois d'ossature, ils sont en général traités classe 2. Ils ont aussi tendance à avoir beaucoup de nœuds.

C'est une solution économique, suffisamment efficace et donc populaire. Néanmoins la durabilité du traitement, garantie seulement 10 ans, peut interroger pour des structures qui sont censées durée 50, 100 ans ou plus.

Le douglas : le nouveau ambitieux

C'est un challenger récent venu d'Amérique : le douglas. Résineux, il pousse relativement vite, mais il est plus dense que le pin et le sapin et, surtout, beaucoup plus résistant à l'humidité et aux insectes : il est naturellement classe 3 hors aubier. Et ça, ce n'est pas que pour 10 ans ! Il est en outre très stable sur le plan dimensionnel.

En plus, c'est un bois très joli, avec une agréable teinte rosée, ce qui en fait une solution populaire pour les bois décoratifs (lambris et bardage notamment) et les bois de structure apparents.

Le mélèze : une solution populaire pour le bardage

Le mélèze est un autre résineux assez populaire, naturellement classe 3. Néanmoins il est peu utilisé pour les bois de structures. On le retrouve plutôt pour le bardage et les lames de terrasse.

Notez que le mélèze de pays est plus tendre et a une esthétique moins épurée que le mélèze de Sibérie. Ce dernier, en effet, pousse plus lentement.

Point culture : les bois d'ossature en Amérique

Les États Unis, bénéficiant d'énormes quantités de bois, construisent leurs maisons en bois d'ossature. Surtout, il y a beaucoup plus de climats différents qu'en France (et pourtant, on est plutôt forts sur ce plan). On y retrouve, évidemment, le douglas (qui en est originaire), le pin, l'épicéa (spruce) et le chêne (oak), mais il y a aussi des essences très différentes des nôtres. 

D'abord, leurs chênes ne sont pas comme les nôtres. Ils ont un chêne blanc (Quercus alba), plus brun et bien résistant à l'humidité, et un chêne rouge (Quercus rubra), plus rosé, plutôt utilisé pour la décoration. En Europe, on a surtout des chênes pédonculé (Quercus robur) et sessile (Quercus petraea).

Très apprécié pour son excellente durabilité naturelle, sa stabilité dimensionnelle et son aspect brun-rouge esthétique, le cèdre rouge est omniprésent dans les bardages, bardeaux, terrasses et menuiseries extérieures. Son parfum caractéristique éloigne les insectes. Sa popularité en Amérique du Nord est comparable à celle du mélèze ou du douglas dans nos régions, mais avec une durabilité supérieure.

Ils peuvent aussi utiliser des bois plus atypique, comme la ciguë (un arbre proche du pin), ou le sequoia.

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